Les yeux d'argos

La ligne artistique

C’est par la performance d’artiste que l’art vidéo apparaît aux Etats-Unis dans les années soixante. En parallèle, Fluxus nous parle de l’Art et la vie est transforme le monde du théâtre en faisant participer les spectateurs. Aujourd’hui, la participation du public dans la création contemporaine ou son immersion sensible est plus que récurrente. Et notre génération désenchantée trouve dans le numérique le symbole d’un avenir de partage et d’harmonie.

Inspiré par des penseurs contemporains comme Bernard Steigler, Edmond Couchot, Peter Sloderdijk, Paul Ardenne ou Jacques Rancière, Les Yeux d’Argos font partie de ce mouvement enthousiaste qui cherche à faire de la révolution numérique un espace de vie, de rencontre et de partage. C’est par une création artistique à la fois collective et dirigée que Les Yeux d’Argos donne une cohérence structurelle à leur utopie plastique et sociétale.

Les créations sont riches de références à la modernité et déploient un univers sonore et visuel dans le temps et dans l’espace. Il s’agit de déclencher un sentiment esthétique chez le spectateur, de l’immerger dans une globalité artistique. De créer un monde dans le monde en conscientisant l’émoi esthétique, spatial et temporel du spectateur. 

La note de Marie Langlois

J’ai commencé à faire de la vidéo à 18 ans avec une petite caméra mini DV. Je capturais des parties abstraites et poétiques du monde. Ces échantillons bruts perdaient leur sens et révélaient des paysages désertiques singuliers. C’est dans la limite du cadre que mes microcosmes s’installaient. Ensuite, vers 23 ans, je me suis mise à mettre mes déserts en scène. J’ai alors appris à manipuler l’image avec des effets spéciaux pour qu’elle s’adapte aux espaces.

C’est à ce moment-là que je rencontre David Lemarechal qui crée à mes côtés des dispositifs pour me permettre d’aller plus loin dans la mise en espace de mes images et d’immerger les visiteurs dans mes petits mondes . On joue avec des miroirs, des larsens, des tulles. L’image devient multiple, devient matière.

Je m’intéresse alors au mapping et apprends vers mes 29 ans la création vidéo 3D. On crée l’espace et le mouvement, on transforme les volumes et la matière existants. Je travaille beaucoup ma technique pour plus de liberté. Le vide et de la profondeur s’associent à des images d’archives.

La rencontre avec Olivier d’Encausse marque un nouveau tournant. Olivier construit des objets, des volumes, des automates. A nos côtés, il développe de manière déterminante la mise en volume de nos projets. On projette sur des murs, des arbres, des fontaines. On peut construire les objets sur lesquels on projette les vidéos : on peut les animer, les déplacer. On investit alors de grands espaces, des parcs, des yourtes, des églises.

Mes espaces désertiques deviennent des paysages mentaux, des espaces spirituels. Mon intérêt latent pour la réalisation de mise en espace s’accomplit à ses côtés.Puis à mes 30 ans, Je travaille avec la kinect, caméra 3D de jeu vidéo. C’est alors la place belle au public et une autre poésie s’impose, celle de l’autre, du vivant.  Je travaille alors la mise en espace de l’image du public. Comme pour mes déserts, je dématérialise leur image pour en restituer une nouvelle âme, une autre dimension.

Au final, ce qui fait sens : Peupler nos déserts, les considérer comme des espaces libres et des moments de liberté, de collaboration, d’expérimentation.

La genèse
L’association est née de la rencontre entre Marie Langlois, artiste videaste, et David Lemarechal, programmeur et musicien, qui ont associé leurs savoirs et savoir-faire à la réalisation d’œuvres d’art numérique.

Marie est une artiste qui a étudiéles arts et la philosophie àl’universite. Les œuvres qu’elle déploie sont l’objet de recherche esthétique, conceptuelle et sociologique autour de la notion d’espace libre. Poète de l’image, Marie cherche la synthèse, l’évidence, l’émotion. Considérant la rencontre comme moteur de son développement artistique, Marie fonde l’association Les Yeux d’argos afin de structurer le travail collectif qu’elle souhaite développer.

David est un artiste programmeur, impliqué dans le monde de l’open source, de la création expérimentale, du « do it yourself ». Il écrit les programmes et gère l’exploitation numérique des œuvres. Co-fondateur, il inscrit Les Yeux d’argos dans une production empirique, qui concrétise l’intérêt conceptuel des projets initiés par Marie. Egalement musicien, il développe l’aspect contemplatif des créations du collectif.

Olivier d’Encausse a ensuite rejoint le collectif dans son engagement dans la création expérimentale et la capacitéàréaliser des projets d’envergure. Il crée ainsi les dispositifs physiques et expérimente les possibilités matérielles liées au numérique, afin de concevoir l’écrin des œuvres.

Depuis 2015, le projet des Yeux d’argos est administre par Marie Cornier, qui accompagne des artistes de tout horizon depuis 2005.

Dirigé par un conseil d’administration actif et implique, l’association est représentée par Angéline Julien, art thérapeute et assistante sociale, Nathanaëlle Leschevin, passionnée de cinéma et d’art audiovisuel et Caroline Filiot, investie dans les réseaux d’économie sociale et solidaire, les fablabs et l’open source.

De nombreux autres artistes et techniciens interviennent régulièrement sur les projets artistiques des Yeux d’Argos. Sous la direction de Marie, ils s’inscrivent dans la ligne du projet artistique, tout en apportant leur singularitéau projet.